Partenariat du lycée avec le CAUE 65
Les élèves de l’enseignement « Architecture et patrimoine » et de 1° DISPO ont poursuivi la démarche impulsée par le CAUE 65 à travers un atelier d’anthropologie, leur permettant d’aborder autrement les enjeux contemporains de l’habitat.
Encadrés par Viviane Hamon, anthropologue à Marseille, enseignante-chercheure spécialiste de la rénovation de l’habitat privé et des transitions écologiques, et par Adrien Vertailler, architecte au CAUE 65, les élèves ont été placés dans une posture d’observation, d’analyse et de réflexion critique.
À partir d’un travail de terrain, les lycéens ont découvert et analysé le pavillonnaire urbain, aujourd’hui à l’épreuve du renouvellement générationnel… et Lannemezan n’échappe pas à cette dynamique globale. Ils ont compris que ce tissu pavillonnaire est encore largement occupé par les habitants qui ont fait construire ces maisons dans les années 1950, à une période marquée par la stabilité de l’emploi et l’ancrage résidentiel durable. L’avancée en âge de ces populations entraîne aujourd’hui une mutation générationnelle importante, avec une mise sur le marché progressive mais massive de ces pavillons.
Les élèves ont ainsi été amenés à identifier les transformations sociales et spatiales à l'œuvre, notamment l’arrivée de nouvelles générations qui s’approprient ces biens immobiliers en les réhabilitant. Ils ont analysé les réaménagements des espaces intérieurs, adaptés aux modes de vie contemporains, mais aussi la requalification des espaces extérieurs : jardins repensés, désimperméabilisation des sols, place accordée à la végétation et à la biodiversité. Ce travail leur a permis de comprendre que l’habitat est un objet social vivant, révélateur de choix de société et de pratiques citoyennes.
Dans le cadre de l’objectif du « Zéro artificialisation nette », les parcelles des maisons individuelles sont pourtant considérées comme artificialisées. Cette approche a été interrogée par les élèves à la lumière des échanges avec Viviane Hamon, qui souligne : « On passe indéniablement à côté d’une coordination collective avec les habitants ; il y aurait des actions stimulantes à mener pour activer ce potentiel de biodiversité en ville, qui passerait par une meilleure gestion des cultures, un respect commun des prescriptions, etc. ».
Les élèves ont ainsi pris conscience des limites des politiques publiques lorsqu’elles ne prennent pas suffisamment en compte les usages réels, les habitants et leur capacité d’action collective.
Ce partenariat a permis aux lycéens de réfléchir à la manière de concevoir des projets de territoire plus durables, en valorisant le patrimoine bâti et paysager existant plutôt qu’en produisant de nouveaux espaces artificialisés. Ils ont développé une culture citoyenne de l’aménagement, en comprenant que les choix architecturaux et urbanistiques engagent des responsabilités environnementales et sociales.
Grâce à cet atelier, les élèves ont acquis des connaissances mais aussi des compétences transversales : observer, enquêter, argumenter, croiser les regards disciplinaires et se projeter dans des solutions concrètes. Ils ont compris qu’en réhabilitant les maisons et bâtiments existants et en optimisant l’usage des espaces déjà urbanisés, il est possible de limiter l’étalement urbain, de préserver la biodiversité et de maintenir l’identité des territoires. La protection et la réinterprétation des patrimoines apparaissent ainsi comme un levier citoyen majeur pour construire l’avenir de manière durable, en conciliant développement, transition écologique et respect des spécificités locales, autrement dit en ménageant les territoires.